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Informations extraites et adaptées
du livre de Nathalie Boëls : Le nanisme : Se faire
une place au soleil dans un monde de grands (Éditions du CHU
Ste-Justine, 2008)
On ne peut pas prévenir le nanisme mais on
peut en diminuer l’impact sur la vie de la personne. Dès leur plus
jeune âge, les personnes qui naissent avec une forme de nanisme peuvent
avoir besoin de différents traitements pour éventuellement grandir
davantage, corriger certains problèmes du système musculo-squelettique,
éviter une détérioration de leur condition physique, les aider à être
plus mobiles, à devenir plus autonomes dans leur vie quotidienne, etc.
Traitement
à l’hormone de croissance
Fabriquée par un petit organe à la base du
cerveau, l’hormone de croissance contribue, notamment, à la croissance
du squelette, à la fonction des cellules adipeuses et musculaires, au
maintien de la glycémie (le taux de sucre dans le sang) et à la
croissance du cartilage de conjugaison.
Dans certaines formes de nanisme, un
traitement à l’hormone de croissance peut permettre à l’enfant
d’atteindre la taille génétique prédite en se basant sur celle de ses
parents. Il est impossible de faire grandir l’enfant davantage. Le
traitement est efficace essentiellement dans les cas de syndrome de
Turner ou d’insuffisance hypophysaire (hypopituitarisme). Puisqu’il
permet de faire croître les os longs des membres, on ne peut
l’appliquer qu’à des formes de nanisme disproportionné sinon, à l’issue
du traitement, l’enfant se retrouverait avec des membres trop longs en
proportion de son tronc.
On estime en moyenne de 5 à 7 cm le gain
final. Toutefois, comme il s’agit d’une moyenne, certains enfants ne
gagnent rien tandis que d’autres réussissent à grandir de plus de dix
centimètres par rapport à la taille finale prédite. Bref, les résultats
varient, non seulement selon la forme de nanisme, mais également selon
l’enfant.
On administre l’hormone en injection sous la
peau, une fois par jour. Sans danger pour la santé, le traitement peut
durer plusieurs années. Il a plus de chances d’être efficace si
l’enfant est plus jeune, car la maturation des os est alors moins
prononcée.
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L’allongement des os
Ce traitement, qui ne
s’applique qu’à certains nanismes disproportionnés, nécessite une
intervention chirurgicale, un appareillage et de la
physiothérapie : tandis que le patient est sous anesthésie
générale, on coupe l’os qui doit être allongé (fémur ou tibia) et on
fixe des broches aux extrémités des deux segments. La personne opérée
augmente ensuite légèrement la distance entre les broches, plusieurs
fois par jour. Ainsi, de l’os nouveau se forme pour combler l’espace
vide laissé par l’étirement. L’allongement se fait graduellement pour
laisser le temps à l’os de se reformer et aux tissus qui l’entourent
ainsi qu’aux vaisseaux sanguins qui le nourrissent de se développer en
même temps que lui.
En moyenne, toutes ces procédures permettent
de gagner un millimètre par jour pour un maximum de 10 centimètres par
os étiré, ce qui correspond à un gain total de 20 centimètres au
maximum pour la taille globale de l’enfant. Ce maximum varie d’une
personne à l’autre, selon son état de santé, la longueur initiale de
l’os et la réponse au traitement. Après l’allongement, l’os doit guérir
complètement pendant une période d’un mois par centimètre allongé.
Ainsi, le traitement durera environ 30 mois pour l’allongement complet
des membres inférieurs! Ce délai est augmenté en cas de complications.
De plus, il est important de réaliser que,
en plus d’être long, ce procédé engendre des douleurs très vives et
presque constantes pendant toute la durée du traitement. Pour ces
raisons, l’allongement n’est presque plus proposé aux jeunes affectés
par le nanisme en Amérique du Nord : depuis une dizaine
d’années, les orthopédistes d’ici réservent cette technique à des
personnes qui présentent une différence de longueur entre les deux
membres inférieurs.
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La physiothérapie
Le physiothérapeute évalue et traite une
variété de conditions, dont celles qui sont reliées au système
musculo-squelettique (comprenant les muscles, les os et les
articulations) et au système neurologique.
Certains enfants de petite taille présentent
une cyphose, une hypotonie ou une hyperlaxité (voir la page Troubles et complications
dans la rubrique Nanisme). Le physiothérapeute donne aux parents des
conseils pour favoriser le contrôle de la tête et du tronc, apprendre à
l’enfant à se tenir assis et à se déplacer. Il peut suggérer des
exercices de positionnement pour renforcer les muscles des bras et des
épaules, et ceux qui sont situés entre les deux omoplates, pour
maintenir la position ventrale et renforcer les bras. Il enseigne aussi
des exercices pour assouplir les muscles fléchisseurs des hanches et
les muscles du bas du dos afin de corriger une éventuelle lordose.
Le physiothérapeute commence à suivre
l’enfant dès les premières semaines suivants sa naissance et modifie
son intervention et ses conseils à mesure que l’enfant grandit, en
fonction de son stade de développement.
L’ergothérapie
L’ergothérapeute intervient essentiellement
dans deux domaines :
- la réadaptation physique de la personne
afin d’atteindre un maximum d’autonomie dans ses activités quotidiennes
(tâches domestiques, hygiène personnelle, préparation des repas, etc.),
à son travail ou dans ses loisirs
- l’adaptation de l’environnement et des
activités aux capacités de la personne de petite taille
Ainsi, l’ergothérapeute donnera des conseils
aux parents pour bien positionner le siège d’auto, si l’enfant a une
forte hypotonie, puis pour bien le positionner dans sa chaise haute.
Pour une personne ayant un nanisme disproportionné, l’ergothérapeute
lui donnera des conseils pour s’habiller seul (enfiler un chandail,
lacer ses chaussures...). Il évaluera également ses capacités à se
déplacer sur de longues distances et son besoin éventuel d’un fauteuil
roulant. L’ergothérapeute est aussi un intervenant clé dans les
démarches pour faire adapter l’environnement à l’école, au travail ou
au domicile.
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L’ostéopathie
De plus en plus de parents confient leur
enfant de petite taille aux soins d’un ostéopathe pour essayer de
stimuler son développement moteur, lui redonner le plus de potentiel
possible dans ses mouvements et ses déplacements, lui permettre de
s’asseoir et de se relever plus rapidement, etc. Généralement, les
adultes de petite taille viennent voir un ostéopathe en raison de
douleurs dues à la compression des fibres nerveuses dans la région du
bas du dos (voir la page Troubles
et complications dans la rubrique Nanisme).
L’ostéopathe ne peut modifier certaines
caractéristiques des personnes dont le problème est chronique. Ainsi,
il ne guérira pas les problèmes liés au nanisme tels que
membres courts, disproportion du tronc, taille de la tête, etc. Son
objectif est plutôt de redonner aux personnes qui le consultent une
certaine mobilité, de diminuer les tensions musculaires ou les douleurs
articulaires. Pour cela, il porte son attention sur différentes
structures qui composent le corps : colonne vertébrale, os,
muscles, ligaments, viscères, organes. Chez les enfants de petite
taille, l’ostéopathe peut également diminuer les risques d’otites et
régler les problèmes de malocclusion des mâchoires. Il peut aussi
diminuer certains symptômes reliés à des problèmes digestifs, des
coliques ou de la constipation, des reflux gastriques, en cas de
compression des nerfs cervicaux...
Se garder en santé
Le surpoids et l’obésité sont plus fréquents
chez les personnes de petite taille. Leurs conséquences sont également
plus graves : la charge supplémentaire ainsi imposée aux os et
aux articulations rend plus difficiles la marche et les mouvements;
elle peut également aggraver les problèmes d’ostéoarthrite de la
colonne, des genoux et des hanches. Une alimentation saine, équilibrée
et variée est donc fortement recommandée afin de réduire les risques de
maladies liées à l’excès de poids. On veillera à ce que cette
alimentation apporte à l’adulte comme à l’enfant de petite taille tous
les nutriments dont il a besoin (vitamines et minéraux) tout en
limitant le risque de prendre trop de poids (voir la page Le corpsdans la rubrique
Nanisme).
Même si des précautions doivent être prises
dans le cas de certains sports, il est également conseillé de faire
fréquemment de l’exercice physique pour augmenter la force musculaire
et renforcer les os.
Enfin, la prévention des problèmes de santé
des personnes de petite taille passe aussi par l’adaptation de leur
environnement, un aspect de la prévention qu’il ne faut surtout pas
négliger. En effet, le fait de vivre dans un monde conçu pour des
« grands » amène les personnes de petite taille à
fournir des efforts importants. Jour après jour, ces efforts physiques
peuvent avoir des conséquences graves sur la santé des personnes ayant
le nanisme : maux de dos, douleurs musculaires dans les
membres, déformation de la colonne vertébrale, etc. C’est pourquoi il
est primordial de ne pas négliger l’adaptation de l’environnement et
l’utilisation d’aides techniques pour réduire les risques. De plus
amples renseignements se retrouvent dans la section Adaptations.
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