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Il existe autant de personnalités différentes qu'il y a d'individus ayant le nanisme. Il est donc impossible de tracer un profil psychologique unique pour toutes les personnes de petite taille. Toutefois, plusieurs réactions psychologiques peuvent être observées.

Dans notre société, les stéréotypes nous donnent à penser que la réussite est réservée aux individus beaux, grands et forts. C'est pour cela qu’un sentiment d'infériorité est souvent ressenti par les personnes de petite taille : il n'est pas rare que les personnes ayant le nanisme éprouvent une certaine honte de leur petite stature. Elles ne se sentent pas à la hauteur d'accomplir tout ce que les autres peuvent faire. On peut alors observer des humeurs dépressives ou un certain repli sur soi.

D'autres personnes de petite taille se complaisent inconsciemment dans cette situation en tentant d'en retirer le plus d'avantages possibles. Elles seront très résistantes au changement, ont besoin de se faire plaindre... La petite taille devient alors prétexte à éviter toute situation évaluative ou compétitive. Cette attitude laisse deviner de forts sentiments anxiogènes.

À l’inverse, les personnes de petite taille peuvent vouloir se surpasser dans de nombreux domaines pour compenser leurs limitations fonctionnelles. Cette réaction est saine car elle entraîne un sentiment de valorisation et de fierté. Mais ce comportement ne doit pas devenir obsessif au point de fuir la réalité et de nuire à sa santé.

En fait, les personnes de petite taille et leur famille doivent vivre un deuil, celui d’une taille normale. En effet, rappelons que le nanisme, rarement héréditaire, est une anomalie qui survient au hasard : tout le monde peut donner naissance à un enfant de petite taille. Que le nanisme soit découvert à la naissance ou après plusieurs années, l’annonce du diagnostic est alors sans conteste un choc pour les parents. Suite à cette révélation, il arrive que la famille passe à travers des périodes similaires à celles que connaissent les personnes lors de la perte d’un être cher*.

  1. Choc, déni : « Il doit y avoir une erreur, mon enfant va grandir »
  2. Colère face à la situation, culpabilité : « Ce n'est pas juste ! », « C’est de la faute du médecin »...
  3. Marchandage, négociations avec la réalité, les médecins, le sort... : « Je ferai ce que vous voudrez, faites-lui gagner 10cm de plus. »
  4. Détresse : « Ça ne vaut pas la peine de se battre »
  5. Acceptation : « Sa petite taille est une de ses caractéristiques et non tout son être»

 

*D’après les travaux d’Elisabeth Kübler-Ross

 

 
 

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