Déjà plus de 30 ans que l’association
existe. Que les années ont passé vite ! Malgré deux tentatives échouées
de fonder une association de personnes de petite taille dans les années
‘60, je ne me suis jamais découragée, supportée par mon conjoint et
partenaire, Paul Hébert, ainsi que par quelques personnes de petite
taille dont Messieurs Pierre Therrien et Jean-Paul Landry. Nous avons
cru en ce projet et 1976 a été l’année de l’aboutissement de nos
efforts.
Le Club du petit monde du Québec,
comme nous nous appelions à l’époque, avait comme principales activités
le recrutement de nouveaux membres et les rencontres sociales pour
briser l’isolement. De par notre métier dans le domaine du spectacle,
Paul et moi parcourions la province d’un bout à l’autre. Mon partenaire
trouvait souvent les personnes de petite taille en s’informant dans les
villages et les villes où nous travaillions, puis nous allions les
rencontrer. Nous avions un souper de Noël et une à deux rencontres par
année pour faire le point. Nous n’avions pas de local et toutes les
personnes qui faisaient partie de l’administration travaillaient ; nous
étions douze ou quinze personnes en tout. Les dix premières années,
j’ai été présidente et, quand le gouvernement nous a attribué des
octrois, j’ai laissé ma place à d’autres qui avaient plus de temps à
consacrer à nos projets.
Dans les années ‘80, une dame, Madame M...,
s’est présentée en panique au siège social car elle avait besoin
d’aide : son fils de petite taille devait subir une opération
aux hanches. C’est à ce moment que nous avons réalisé qu’il fallait
aider les parents aux prises avec beaucoup de problèmes tant médicaux
et sociaux qu’humains. Entre 1987 et 1989, le Club
a établi son premier siège social, s’est doté d'un secrétariat
permanent et est alors devenu l'Association québécoise des
personnes de petite taille (AQPPT).
Les orientations de l'organisme ont
également changé : l'objectif principal était désormais la promotion et
la défense des droits des personnes de petite taille. Un des principaux
combats mené alors a consisté à faire reconnaître le nanisme comme un
véritable handicap. Le respect de chaque individu est important, car
nous sommes des êtres humains comme tout le monde, mais nous vivons
dans le monde des grands. Il faut faire notre place et c’est un combat
continuel.
Par la suite, l’Association a pris de
l’expansion. Aujourd’hui, l’AQPPT continue de faire avancer la cause
des personnes concernées par le nanisme. À chaque réunion sociale à
laquelle je me rends, que ce soit le Party de Noël ou la grande
rencontre provinciale en été, je suis émue de retrouver ceux qui ont
fait partie de l’Association dans le passé, de voir de nouveaux visages
et de constater le chemin parcouru.
J’en profite pour dire un gros merci à
celles et ceux qui travaillent fort pour la réussite de l’Association.
Ce n’est pas toujours facile, car nous marchons souvent sur une corde
raide, mais nous avons tous à cœur de continuer malgré les difficultés
de toutes sortes. Au cours des ans, beaucoup de personnes ont contribué
à faire de l’Association ce qu’elle est devenue. Je ne veux nommer
personne en particulier car j’aurais trop peur d’en oublier.
Longue
vie à l’Association !
Amicalement
Normande Gagnon
Co-fondatrice
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