|
Nutrition
Tout le monde s’entend : conserver
un poids santé permet de réduire les risques de maladies
cardiovasculaires, de cholestérol sanguin élevé, d’hypertension, de
diabète de type 2, etc. Plusieurs outils comme l’IMC (Indice de masse
corporelle) ou le Guide alimentaire canadien
sont disponibles pour surveiller son poids, retrouver son poids santé
et déterminer la quantité d’aliments dont le corps a besoin pour un
régime équilibré. Toutefois, lorsqu’on applique ces calculs normatifs
aux mensurations de personnes ayant le nanisme, on s’aperçoit vite que
les résultats sont trompeurs, voire erronés.
En effet, pour une personne de petite
taille, il n’est pas évident de connaître son poids santé et de
déterminer le nombre de calories qui correspond à ses besoins
car les variables sont nombreuses. Cela dépend de :
- la maladie osseuse :
il est de notoriété publique que l’IMC est faussé dans le cas des
grands sportifs car la masse musculaire ne “pèse” pas comme la masse
osseuse ou la masse graisseuse. Mais ce qu’on sait moins, c’est que les
personnes ayant certains types de nanisme comme l’achondroplasie ont
des os plus lourds comparativement à leur stature. Il est donc
impossible de se fier à cet indice pour savoir si on entre dans la
catégorie Poids insuffisant, Poids santé, Surplus de poids, Poids
excessif ou Obésité.
- la taille et la stature :
il est normal qu’un enfant de petite taille ne mange pas la même
quantité qu’un enfant de taille classique du même âge. Mais il n’y a
pas de norme indiquant qu’un enfant de 10 ans ayant le nanisme doit
manger autant qu’un enfant de 3 ans ou de 6 ans par exemple.
- l’activité physique :
pour un adulte de petite taille qui travaille dans un bureau et
pratique un peu de sport à l’occasion, un apport de 800 à
1 200 calories par jour peut suffire. Toutefois, certains
avancent que les efforts déployés pour fonctionner normalement dans un
monde inadapté (marcher deux fois plus vite, faire deux fois plus de
pas, monter et descendre des bancs...) nécessitent un apport
énergétique supplémentaire.
Pour prévenir les problèmes de santé reliés
au surplus de poids et découvrir quelles quantités lui sont
nécessaires, chaque personne de petite taille doit donc,
individuellement, apprendre à se connaître et à reconnaître les signaux
que lui envoie son corps (faim, satiété, fatigue excessive...). Une
alimentation saine, équilibrée et variée, comprenant de préférence des
aliments faibles en gras et en sucre mais riches en fibres, est certes
recommandée. Toutefois, lorsqu’il s’agit de surveiller sa nourriture en
termes de quantité, il est conseillé de se baser sur son bon sens
plutôt que sur les règles communément admises comme normes. Pour
trouver et conserver un poids santé, l’aide d’un nutritionniste peut
alors être utile.
Haut
de page Δ
Activité physique
Le sport s'avère un excellent moyen
d'augmenter la dépense énergétique. Les spécialistes du domaine
recommandent à tout individu de s'adonner à un minimum de trois
sessions d'exercice de trente minutes chacune par semaine. Les
personnes de petite taille ne font certes pas exception à cette règle.
Mais la pratique sportive est source de stress pour certaines personnes
de petite taille. Ayant souvent été écartées de toute activité
physique, elles ont parfois développé un sentiment d'exclusion, voire
d'incapacité. Elles ont alors laissé tomber les sports et tous les
bienfaits physiques et psychologiques s'y rattachant.
Le sport est bénéfique pour tous et procure de grandes satisfactions,
que l'on soit doué ou non. Il est recommandé pour les personnes de
petite taille de s'adonner à des exercices modérés et réguliers comme
la marche, la bicyclette et la natation.
Les enfants de petite taille peuvent, dans la majorité des cas, suivre
les cours d'éducation physique sans restriction particulière. On note
toutefois que certaines précautions sont de rigueur dans les sports de
contact (hockey, football, soccer, etc.).
Sexualité
Puisque le nanisme résulte souvent de
troubles osseux, les organes génitaux se trouvent généralement
épargnés. Il est donc possible pour les personnes de petite taille
d’avoir des relations sexuelles normales et satisfaisantes :
les difficultés rencontrées dans ce domaine reposent bien plus sur une
attitude nuisible que sur des limitations fonctionnelles incompatibles.
Accepter et apprendre à aimer un corps
contesté, non seulement par autrui mais surtout par soi-même, n’est pas
une mince affaire pour les personnes de petite taille. Il y a souvent
une dévalorisation de l’image de soi qui se voit parfois compensée par
des comportements sexuels excessifs (coquetterie agressive pour mesurer
son pouvoir de séduction, comportement viril plus prononcé...). À
l’opposé, bon nombre de personnes de petite taille se replient sur
elles-mêmes, réprimant ainsi tout désir sexuel.
Pourtant, elles doivent prendre conscience
qu’elles ont droit à l’amour au même titre que les autres. La recherche
d’un partenaire comporte certes certaines difficultés, mais n’est-ce
pas notre lot à tous? Le choix du partenaire se fait en fonction des
goûts, des intérêts, des valeurs et des besoins de chacun. Libre à soi
de donner sa préférence à une autre personne de petite taille ou à une
personne de taille classique. On observe des couples très unis dans les
deux cas.
Haut
de page Δ
Grossesse
Lorsque le désir d’enfant se fait sentir,
les personnes de petite taille se posent 1001 questions au sujet de la
grossesse et de la parentalité : vais-je recevoir une
anesthésie par péridurale, devrai-je avoir une césarienne ou pourrai-je
accoucher par voies naturelles? Éprouverai-je des difficultés à
marcher, est-ce que j’aurai des maux de dos? Mon bébé aura-t-il
suffisamment de place dans mon ventre? Et comment élever un enfant,
lorsque celui-ci est de taille régulière tandis qu’un de ses deux
parents au moins est de petite taille?...
Tout d’abord, rassurez-vous : il
est possible pour une femme de petite taille de mener à terme une
grossesse ; celle-ci ne pose habituellement pas
de problème particulier et on peut être surpris en constatant à quel
point la nature fait souvent bien les choses. Par exemple, lorsqu’un
bébé n’a pas de place sur les côtés pour grandir en raison de
l’étroitesse du bassin de sa mère, le ventre grossira vers l’avant.
Toutefois, pour mener une grossesse sans
encombre, certaines précautions seront prises :
- Comme toutes les femmes, la future maman
de petite taille sera suivie à l’hôpital. Quoi qu’il n’y ait pas de
surveillance particulière pour une femme enceinte ayant le nanisme, le
gynécologue-obstétricien mesurera régulièrement la taille de l’enfant
et la largeur du bassin de la mère, afin de s’assurer du bon
déroulement de la grossesse et de l’accouchement
- La césarienne et l’anesthésie par
péridurale sont envisageables, même si elles ne sont pas offertes
systématiquement aux mamans de petite taille ; il revient au
gynécologue-obstétricien d’analyser la situation
- La future maman de petite taille sera
certainement retirée de son travail plus tôt étant donné que sa
situation a de fortes chances de rendre la marche difficile
Mais il n’y a pas de réponse universelle qui
s’appliquerait à toutes les formes de nanisme : chaque
grossesse diffère et, avec un bon suivi, les réponses viennent à mesure
que l’accouchement se rapproche.
Par ailleurs, les futurs parents confrontés au nanisme sont parfois
face à un choix difficile. En effet, puisqu’un couple de petite taille
a souvent des risques d’avoir un enfant de petite taille (voir la page Génétique dans la rubrique
Nanisme), certains se demandent longtemps s’ils veulent ou non mettre
au monde un enfant. De la même manière, les parents (de petite taille
ou de taille régulière) qui ont déjà un enfant de petite taille peuvent
hésiter à avoir un deuxième enfant. L’établissement du diagnostic
précis de la condition de l’enfant prend jusqu’à deux ans et certains
peuvent considérer les démarches médicales reliées au nanisme trop
lourdes. Il arrive alors qu’ils s’imaginent difficilement s’occuper
d’un autre enfant ayant le nanisme. Là encore, il n’y a pas une réponse
unique à ces questionnements : on choisit parfois d’avoir un
enfant en pensant que la vie peut être belle et enrichissante, même
avec une déficience physique congénitale ou, au contraire, on décide de
ne pas en avoir parce que l’on considère trop pénible de vivre avec de
telles limitations fonctionnelles et problèmes de santé.
Lorsque le couple est confronté à ses questions, il est bénéfique de
rencontrer des personnes ayant vécu le même processus. L’AQPPT est là
pour accompagner les couples dans leurs démarches et pour les mettre en
contact avec des parents de petite taille ainsi que des parents
d’enfants de petite taille.
Haut
de page Δ
|