| Six
semaines avant l'accouchement, lors d'une seconde
échographie, Sylvie Côté et son mari, Jacques
Vigneault apprennent que leur bébé souffre d'une
anomalie. Il s'agit de la forme de nanisme la plus
répandue appelée l'achondroplasie. "À 5 ans, Audrey-Anne mesurait 84 cm (33 po) et pèse 16 kg (35 lb). Lors de l'échographie prise à la 34ième semaine de grossesse, le médecin s'est aperçu que les mensurations du foetus n'étaient pas normales. Pas un membre n'avait une taille normale. Déjà l'équipe médicale pouvait associer ces anomalies au nanisme. J'ai eu l'impression que le plafond me tombait sur la tête. Je me rappelle que, sur le rapport médical, il était écrit "achondroplasie" mais, je ne savais pas encore de quoi il s'agissait. Je me demandais, "est-ce un monstre, qu'est-ce qu'on a fait de travers?" Mon mari a essayé de rester calme et de m'apaiser. Même si le médecin nous répétait que la cause était génétique, je continuais à me demander "qu'est-ce qu'on a fait, qu'est-ce qu'on a mangé ? A-t-on respiré quelque chose de nocif ?" Je me disais que je ne pourrais pas supporter d'avoir un enfant handicapé, de passer à travers. Je me sentais coupable; je ne pouvais plus me regarder dans le miroir, me laver, me caresser le ventre. Je ne voulais même plus que mon mari me touche. Je me suis donc documenté sur le sujet. Et à la naissance, ma fille était belle et potelée; elle mesurait 18 po et pesait 7 lb. Cette expérience m'a permis de découvrir des facettes cachées de ma personnalité. Je remarque aussi qu'Audrey-Anne est tout à fait autonome et en bonne santé. Elle éveille la curiosité et je considère ça normal. Quand on la pointe un peu trop du doigt, je lui dis: "toi Audrey-Anne, tu as de petits bras et de petites jambes, tu ne deviendras jamais grande mais ce n'est pas grave" et à elle de répondre "oui, mais dans ma tête et dans mon coeur, je suis grande". Sylvie & Jacques |