| Bonjour, J'aimerais vous faire partager mon cheminement. Je suis venue au monde un beau jour de septembre de l'an 1963 sur la Côte-Nord. Je suis l'aînée d'une famille de cinq enfants et, lorsque j'avais neuf mois, mes parents ont appris ma condition de personne de petite taille achondroplase. En 1968, lorsqu'est venu le moment de m'inscrire à l'école, la direction prétendait que ma place était au Pavillon Richelieu, institut où il n'y avait que des enfants atteints de déficience intellectuelle. Ma mère s'est alors débattue pour que l'on m'intègre en classe régulière, ce qu'ils ont finalement accepté ... à l'essai. Expérience concluante puisque j'ai poursuivi mes études à l'école régulière jusqu'à l'obtention de mon diplôme d'études commerciales, option commis-comptable et commis de bureau. Au cours de ma deuxième année du primaire, la direction décida d'adapter mon bureau: on installa une tribune de six pouces de hauteur, on scia les pattes de ma chaise et celle de mon pupitre. Cette installation avait ses avantages et ses inconvénients. Elle me permettait d'être plus confortable mais elle m'isolait de mes camarades de classe. Par la suite, un professeur a décidé de me confectionner un coussin pour ma chaise. Le secondaire s'est avéré plus difficile car aucune adaptation n'a été apportée. De plus, mes relations avec les adolescentes étaient parfois tendues, conséquence des attitudes des professeurs qui avaient tendance à me chouchouter. À la même époque, j'ai commencé à accompagner mon frère au judo et au hockey; c'est ainsi que j'ai commencé à m'impliquer auprès des jeunes du hockey mineur comme préposée aux bâtons. Ayant été gérante d'une équipe pendant 7 ans, j'ai travaillé dans les arénas comme annonceur-maison pour le hockey mineur et pour une ligue de ballon sur glace. J'ai par la suite été secrétaire au sein du conseil d'administration de l'Association de hockey mineur de Sept-Iles durant 4 ans. Cette période m'a permis de côtoyer des jeunes et de me faire connaître du milieu. Après l'obtention de mon diplôme, je devais affronter le marché du travail au moment où la crise du marché du fer, sur la Côte-Nord, entraînait la situation économique à la baisse et occasionnait de nombreuses mises à pied. En 1985, j'ai été embauchée sur un projet du gouvernement fédéral comme secrétaire auprès d'une association de loisirs pour personnes handicapées. À la fin de cet emploi, j'ai décidé de m'impliquer bénévolement au sein de cet organisme et j'y suis toujours. En décembre 1985, j'ai été embauchée à titre d'agente de secrétariat à Communication-Québec. Puis, en 1987, à la suite d'une mise en candidature réservée aux personnes handicapées, j'obtins, au même endroit, un emploi permanent d'agente de bureau; j'y travaille encore aujourd'hui. Oui, il est pleinement possible de prendre la place qui nous revient quand on est déterminé. Sylvie |