Louiselle a vaincu son isolement

Louiselle St-Pierre est une femme jolie et intelligente. Elle affiche un air serein et ne paraît surtout pas ses 51 ans. Elle habite une belle maison à Pointe-aux-Trembles, entièrement adaptée à ses besoins et ceux de son mari...de taille régulière. Louiselle est une personne de petite taille, dont la forme de nanisme s'appelle la dyschondrostéose. Du temps où elle s'est mise à marcher jusqu'à l'âge de 43 ans, Louiselle a souffert d'une malformation aux genoux qui la forçait à marcher les genoux pliés et sur la pointe des pieds.

Lorsqu'elle était enfant dans les années 1960, Louiselle a dû composer avec une foule d'émotions, de préjugés et de grandes limitations. À cette époque, l'Association des personnes de petite taille (AQPPT) n'existait pas pour l'aider; elle et sa mère n'avaient aucun support, ni de solutions positives de la part des nombreux médecins consultés.

L'isolement

"J'étais isolée et c'était surtout dur pour ma mère", se remémore Louiselle. Seule à avoir le nanisme parmi les cinq enfants de la famille, elle regardait les autres vivre une vie normale. "C'était difficile, lorsque j'étais adolescente, de voir mes frères et soeurs qui se faisaient des amoureux. Je me sentais tellement seule", dit-elle.

Après avoir terminé sa neuvième année dans une école du quartier, elle est allée s'installer chez une cousine et son mari pour entretenir leur maison. "Elle m'a donné confiance et a contribué à faire grandir mon estime de moi", affirme-t-elle.

En fait, la généreuse cousine de Louiselle a joué le même rôle que l'AQPPT face à ses membres. Depuis 12 ans, Louiselle en est la coordonnatrice et remet aux autres ce qu'elle a reçu.

Opération

Et c'est grâce à l'Association que la dame a pu dénicher un spécialiste aux États-Unis, qui l'a opérée pour corriger sa malformation. Maintenant capable de marcher, Louiselle passe une grande partie de son temps à encourager les personnes de petite taille à prendre leur place et à exploiter leurs compétences.

Elle visite les écoles avec des enfants de petite taille pour expliquer leur condition. "Après les échanges avec les écoliers, il y a plus de respect et de compréhension envers leurs compagnons de petite taille", souligne-t-elle.

Louiselle Saint-Pierre assume une lourde tâche, celle d'informer le public, briser des barrières et changer des comportements afin que les personnes de petite taille n'aient pas à subir l'incompréhension et la solitude qu'elle a vécues dans sa jeunesse.

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