Élyse : son parcours vers l'autonomie !

 

 

 

 

À ma naissance, en 1962, on a cru que "je ne ferais pas vieux os" ! En effet, dans les années 60, les enfants atteints d'ostéogenèse imparfaite n'avaient pas une espérance de vie bien longue à cause de leur trop grande fragilité. Mais heureusement, je suis l'une de ces enfants ayant atteint l'âge adulte sans trop de complication.

À l'âge de six ans, je fus placée dans ce qu'on appelait à l'époque, un foyer nourricier, à St-Isidore de la Prairie. J'y ai passé sept années durant lesquelles je ne suis pas allée à l'école. Allez savoir pourquoi!

À treize ans, ne sachant que lire, mon pèlerinage terrestre me conduisit à Trois-Rivières, en Mauricie. Dès lors, je dus prendre les bouchées doubles pour ma scolarité de niveau primaire, entreprise à tour de rôle par mes tantes me donnant des cours particuliers. C'est donc à l'âge de dix-huit ans que je pus intégrer une classe régulière à l'école Keranna, une école privée pour jeunes filles (devenue mixte depuis deux ans). J'y ai fait mes 1er et 2e du secondaire en une seule année. Par la suite, j'entrepris la grande aventure de l'école publique à la Polyvalente Ste-Ursule. Je réussis ainsi à obtenir mon diplôme de secondaire général à l'âge de vingt et un ans.

Arrivée à l'âge de vingt-six ans, ayant vécue toute mon adolescence avec l'une ou l'autre de mes tantes, je dus me rendre à l'évidence que je devais faire quelque chose pour réussir à acquérir une vie plus privée et à briser le cordon ombilical que je trouvais très étouffant. J'entrepris donc, sans en parler à personne, des démarches en écrivant une lettre à l'Office Municipal d'Habitation de Trois-Rivières pour une demande de logement adapté à mes besoins spécifiques. Lorsque ma famille fut mise au courant de mon projet, ce fut la panique générale de tous les côtés ! Tous essayèrent à tour de rôle de me faire renoncer à ce projet "insensé".

Se battre en société pour faire reconnaître ses droits, c'est une chose, mais quand tu dois te battre pour la même chose au sein de ta propre famille, c'est doublement plus difficile, car l'élément affectif entre également en jeu. C'est donc à bout d'arguments que je dû leur dire : " Ouais, je suis en sécurité dans une belle cage dorée, et chacun des barreaux, c'est vous!" Et les conscientiser sur le fait que mon pire handicap n'était pas mon fauteuil roulant ou ma taille, mais que c'était EUX ! Cette déclaration fracassante eut l'effet d'une douche froide ! Après quelques jours de réflexion, tous acceptèrent (certains à contrecoeur) de m'appuyer dans cette nouvelle grande aventure. Il ne restait qu'à affronter la liste d'attente (qui ne fut pas trop longue étant déjà dans un HLM avec ma tante), mener de fond la tempête de paperasserie, d'évaluation avec l'ergothérapeute, la travailleuse sociale et le contracteur devant effectuer les adaptations et les modifications de dernière minute. Ouf !

C'est donc à l'âge de vingt-sept ans, le 25 novembre 1988 que j'ai emménagé dans mon appartement pour y vivre de façon autonome. Ce fut une journée assez marquante merci, car si vous vous souvenez bien, c'était le soir du fameux tremblement de terre (mon lit n'était pas encore installé !) Y'a pas à dire, ça brasse quand je déménage, hi hi hi!

Cela fait donc onze ans que je crie victoire ! Aujourd'hui, devant l'évidence de ce succès, toute ma famille dit que j'ai bien fait de persévérer. Si c'était à refaire, je n'hésiterais pas une seule seconde. Mon seul regret est de ne pas l'avoir fait avant mes vingt-sept ans ! Présentement, j'ai trente-sept ans et j'occupe mes journées à soigner mes nombreuses plantes d'appartement, mon chat "Camay" et à surfer sur Internet. Vous pouvez visiter mon site Web qui est en constante évolution à l'adresse suivante : http://www.chez.com/leschampsdelyseetcamay

Site : Les champs d'Élyse et... Camey !

Au plaisir de vous rencontrer

Élyse

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